La classe, l’œuvre !
P. Plattier, musée des Ursulines
Médiateurs d’un soir grâce au dispositif « La classe, l’œuvre », 22 élèves de 1ère du CFA Automobile de Mâcon (filières Carrosserie et Mécanique agricole) présenteront une série de montages vidéo et sonores donnant à entendre et à voir leur relation au musée, aux œuvres, à leur propre pratique dans une mise en scène qui révèle leurs définitions du héros et de la représentation de soi.
Cette médiation est l’aboutissement d’un travail inscrit dans le temps long, amorcé en septembre 2025 lors d’une première rencontre avec Cyril Balny, artiste associé au projet La classe, l’œuvre, et prolongé tout au long de l’année grâce à l’implication de Géraldine Renaud, professeure de français et les équipes du Musée des Ursulines et du Théâtre, scène nationale de Mâcon.
L'abondance théâtrale des accessoires et bijoux dont G. Bussière pare l'héroïne de l'Iliade témoigne de la fièvre symboliste qui déferle sur le Salon des Artistes Français où figure son Hélène en 1895. Sous le charme puissant des airs, costumes et décors des Troyens de Berlioz, repris à l'Opéra-Comique en 1892, il n'est pas soucieux de vérité archéologique comme un Laurens ou un Rochegrosse. Il voudrait, au contraire, exalter " le rêve contre le réel, l'idéal contre le laid " préconisés par le Sâr Péladan, extravagant critique d'art et grand maître de la Rose+Croix. (Françoise Rouge in 100 peintures des collections, Mâcon)
L’aventure a débuté par une question : Qu’est-ce qu’une identité ? Cette interrogation faisait écho au spectacle Herkül de Cyril Balny, que les élèves ont vu au Théâtre. Le questionnement s’est déplacé vers la notion d’image de soi : celle que l’on donne à voir, celle qui se révèle lorsqu’on est seul, celle que l’on rêverait d'incarner.
Au musée, en 3 séances, les élèves ont sélectionné une œuvre, ont recueilli des témoignages (Qu’est-ce qui fait lien entre moi et cette œuvre ?), se sont ensuite interviewés entre eux, utilisant leurs téléphones pour filmer leurs échanges. La parole s’est déplacée, elle venait d’eux-mêmes.
Leurs mots redonnent aux œuvres une vitalité et les connectent à notre époque à travers des montages vidéo qui rendent compte de l'évolution de leur relation au musée, mais aussi du sens profond qui relie leurs pratiques professionnelles aux œuvres du musée, révélant une proximité souvent invisibilisée : celle du geste, de la précision, du rapport à la matière.